Prieuré de Cassan à Roujan

| adresse: | Route de Bédarieux, 34320 Roujan |
| coordonnées GPS: |
N43.509340°, E3.287358° |
| contact: | 04 67 24 78 25 |
| à savoir: |
| L’ouverture du monument historique est annuelle pour les groupes de plus de 20 personnes. Réouverture à la visite dès le début de la saison touristique.. |
Présentation sommaire:
Ancien prieuré actuellement appelé château de Cassan, où se côtoient une église romane du XII e siècle, majestueux édifice roman plein cintre, dernier vestige du Prieuré, et un palais conventuel conçu selon les canons impeccables de l’esthétisme du XVIII e siècle qui lui valut le nom de petit Versailles en Languedoc.
Style architectural:
Église romane du XIIe siècle. Périodes de construction : de la 1ère moitié du XIIe siècle au milieu du XVIII e siècle (c’est de cette dernière époque que provient le style dominant).
Photos

Description générale:
L’église, seul bâtiment roman subsistant, conserve, à côté d’un décor intérieur très remanié, quatre grands chapiteaux de type corinthien à feuilles lisses remontant au dernier quart du XIIe siècle. Ils sont exceptionnels par leur très étroite et inhabituelle association avec de hauts tailloirs très évasés, dont la base concave épouse exactement la forme de l’abaque échancré des chapiteaux et sur les faces et les angles desquels sont transférés les organes fonctionnels (volutes) de ceux-ci, particularités rares. Du monastère médiéval, il ne subsiste aujourd’hui que la grande nef unique voûtée de plein cintre sur doubleaux, de son église romane, le plan et les coupes longitudinale et transversale et le clocheton circulaire très original, lui aussi roman. Cette nef n’est toutefois pas celle qui fut élevée par saint Guiraud et dont ne reste que le mur nord de la huitième travée, mais une reconstruction remontant au prieur Jean 1er (1149-1183). Les travaux du XVIIIe siècle, au cours desquels l’abside a été entièrement reconstruite, n’ont guère modifié, le décor, d’ailleurs peu développé, de la façade occidentale, sans altérer celui de la travée dans laquelle s’ouvre la porte nord. Mais à l’intérieur, ils ont fait disparaître la majeure partie des dispositions initiales. Des pilastres cannelés à chapiteaux corinthiens, peu saillants, y ont, en effet, été substitués alors aux fortes colonnes engagées romanes à grands chapiteaux qui devaient répéter dans toute la nef le parti adopté pour les quatre d’entre elles qui ont y été conservées dans les deux travées occidentales de l’édifice. Les colonnes engagées, amputées de leur partie inférieure, ont été sauvées par l’interruption des travaux à la Révolution.
Un peu d’histoire :
En 1080, un prieuré fut fondé grâce à une donation de terres faite par la famille Alquier, puissante famille de la région de Béziers, à quelques chanoines réguliers qui avaient quitté vers 1066 le chapitre de la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers. Le second prieur, Guiraud (1070-1123) donna au monastère sa renommée. Sous sa direction, la notoriété du lieu attira les donations de l'aristocratie de toute la région. Les membres du prieuré étaient des chanoines suivant la règle de saint Augustin. Leur nombre atteignit les quatre-vingts. Une nouvelle église prieurale fut consacrée le 6 octobre 1115. De nombreuses reliques accrurent la renommée du prieuré (un des quatre Saints Suaires du Christ connus en Occident, des reliques en provenance du Saint-Sépulcre, de la Couronne d’épines, de sainte Marthe…). Ce lieu servit de nécropole pour la noblesse de Béziers et de toute la région. Les donations affluèrent, le patrimoine s'étendit sur soixante-seize communes et le prieuré connut alors une de ses périodes les plus glorieuses.
Le XIIIe siècle marqua un tournant décisif pour le prieuré. Le pape Innocent III, à l'origine de la croisade contre les Cathares, promulgua une bulle d'exemption à l'encontre du prieuré conventuel de Cassan, le soumettant directement au Saint-Siège. Le prieuré échappait ainsi à la juridiction des évêques de Béziers, dans le domaine spirituel il n'avait de comptes à rendre qu'au pape à Rome. Au niveau du temporel, les chanoines se donnèrent le roi de France, Louis IX, pour suzerain en 1268, d'où le nom de prieuré royal.
Au XIVe siècle, la peste noire et la guerre de Cent Ans frappèrent durement le prieuré. Le monastère fut fortifié pour protéger la communauté des méfaits des routiers. En 1384, il ne restait plus que quarante chanoines.
Les guerres de religion aggravèrent les difficultés. En 1539, puis de nouveau en 1563, les troupes protestantes avec à leur tête Jacques de Crussol et Claude de Caylus, seigneur de Faugères, pillèrent et incendièrent.
Le déclin amorcé au XIVe siècle se poursuivit et en 1605 le prieuré n'hébergeait plus que sept ou huit chanoines. En 1671 le prieuré fut rattaché à l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le prieur commendataire Pas de Beaulieu rebâtit le monastère. Les bâtiments médiévaux furent entièrement rasés et le prieuré fut reconstruit dans le style de l'époque. Le somptueux palais conventuel serait l'œuvre d'un membre de la famille Giral, qui compta plusieurs architectes à Montpellier. L'église vit son chevet modifié, mais pour le reste elle ne fut que remaniée (ce qui en fait le seul témoin architectural du monastère roman élevé par saint Guiraud au début du XIIe siècle).
À la Révolution française, les cinq chanoines qui restaient furent chassés. Le prieuré fut déclaré bien national et vendu en mars 1791 à Marc Antoine Thomas Mérigeaux, avocat à Pézenas, qui l'aurait acheté pour le compte du Prince de Conti afin d'y loger sa maîtresse, Madame de Brimont. Le monastère prit alors sa nouvelle appellation laïque de château de Cassan.
Au cours des XIXe et XXe siècles, le prieuré-château de Cassan connut plusieurs propriétaires. L'État l'acheta pour y héberger des centres de formations administrés par le ministère de l’Éducation nationale, puis par le ministère des DOM-TOM. En 1995, Cassan fut vendu par l'État à Claude et Mireille Charrier qui l'ouvrirent au public et restaurèrent les jardins.
Le château a été acheté en 2002 par un groupe immobilier qui y développe actuellement des programmes d’innovation pour entreprises et vise à en faire un centre européen de prévention et de recherches sur le bien-être au travail. Ce projet est mené par Gabor Mester de Parajd, architecte en chef des monuments historiques. L'édifice et ses abords sont ouverts à la visite et accueillent différents évènements culturels.
L'église du prieuré, le bénitier et les fonts baptismaux, le prieuré Notre-Dame de Cassan (façades et toitures), les ferronneries, la cour de l’ancien cloître, la grande galerie au rez-de-chaussée, le grand escalier avec sa rampe en ferronnerie, l'ancien réfectoire devenu le grand salon aux boiseries, les terrasses avec leurs ferronneries, le jardin avec les constructions qu'il abrite, dont le pavillon sud-ouest, l'aile ouest dite « Le Château » et l'aile sud jusqu'au pigeonnier (inclus) font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 14janvier 1953.
Sources : Wikipédia - chapiteaux romans- monument historique